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LE MASQUE OU LA POSTURE DE L'HARMONIE CRÉATIVE.

Dernière mise à jour : 11 mai


Les vertus du port du masque comme révélateur de conscience, de vocabulaire émotionnel et du langage gestuel et corporel sont indéniables.


Bien souvent les artistes portant pour la première fois un masque vous diront qu’ils ont eu l’impression de ne jamais avoir aussi bien senti leur corps. En effet, que cela soit en mettant un masque neutre, un masque plein ou même en portant un demi-masque, l’interprète comprend rapidement que sans une expressivité corporelle accrue, le masque ne prendra pas « vie ».

Il s’agira alors d’enrichir le plus possible le langage corporel par un rapport biomécanique et kinesthésique du corps. Engager le corps entier dans le langage dramatique, vecteur d‘émotion, de présence et d’imaginaire.


Sur le plateau, les vertus du masque ouvrent le plaisir du jeu, la spontanéité créative et l’intuition. Libérant les inhibitions du soi au profit du personnage incarné « construit » et en mouvement.


Il s’agira d’apprendre à se déconstruire, à rendre le corps le plus disponible et malléable au profit de l’incarnation de l’entité représentée par le masque / personnage afin d’en trouver le rythme, la respiration, la manière de marcher, de parler et d’occuper l’espace, de découvrir les possibilités de ce nouveau corps, de ce nouveau souffle, bien souvent de cette nouvelle voix portée et contrainte par le masque lui-même.


L’acteur masqué apprendra à se prêter au masque. A se laisser traverser et à incarner l’autre, le personnage. À le nourrir du soi, de sa propre énergie pour lui donner une vie concrète et pleine.

Cette incarnation pleine et totale pourra donc être réinvestie par la suite pour interpréter tout type de personnage, le corps devenant masque.

Le corps devenant matière malléable derrière laquelle l’acteur va pouvoir se placer pour incarner le personnage. Et ainsi, même par un micro changement, devenir autre.

Et c’est bien là que le travail du masque semble prendre toute sa valeur. Dans ce qu’il permet à l’interprète de se placer dans la position même du corps créateur.

En suivant et en guidant.

En se laissant porter et en dirigeant.

Exister dans cet état paradoxal et créatif d’être et de se laisser traverser.

D’être en soi et en même temps ouvert au monde.

Le masque semble donc être vecteur d’une autre conscience qui permet de s’effacer pour être. De suivre pour créer.

C’est là que nous pouvons donc comprendre que le masque, en nous amenant dans cet état de conscience de suivi/maîtrise, corps/esprit, nous amène donc à exercer comme nul autres pratique, notre conscience pinéale.

En effet, cette « conscience derrière » évoquée dans des pratiques comme la danse Butho ou le Nô ou dans la danse masquée Topeng, peut être mise en relation directe avec un rapport particulier à la glande pinéale.



Depuis René Descartes au XVIIe siècle, qui affirmait que l’âme humaine se situait en elle, la glande pinéale est considérée comme étant un organe possédant des fonctions transcendantales, considéré comme étant une « antenne ». L’épiphyse étant un organe de haute expression pour le corps éthéré.

Elle préside aux phénomènes nerveux de l’émotivité, dû à son ascendance sur tout le système endocrinien, et joue un rôle fondamental d’après les études sur les principes électromagnétiques du champ vital, que la science formelle ne peut pas encore identifier, commandant les forces du subconscient sous la détermination directe de la volonté.


Selon la vision ancestrale des hindous, et se retrouvant dans de nombreuses pratiques orientales et asiatique, il s’agit là du principal organe du corps, possédant deux chakras (centres d’énergie) responsables du développement extra physique, pour être des récepteurs et des transmetteurs de l’énergie vitale : le chakra du troisième oeil, au centre du front au-dessus de la hauteur des yeux, et le chakra coronaire, bien supérieur, lui aussi situé dans la tête.


Certains scientifiques auraient constaté que, à l’image d’une antenne, la glande pinéale était capable d’éveiller la production de certaines substances neurotransmettrices, qui stimulent l’activité physique et mentale.

Cet état de conscience est de plus porté à s’ouvrir vers le monde le public. Toute pratique masquée ayant pour but la représentation.

S’entrainer à porter le masque, semble donc un passage essentiel pour sentir pleinement les vertus de l’acte créatif.



Permettant, comme aucun autre outil, d’être en pleine conscience du soi pour porter et se laisser guider par l’acte créatif, vers l’autre.


©PETER TOURNIER





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